Les 5 grandes actions pour amorcer l’égalité femme – homme au travail

À l’heure actuelle, instaurer la parité au travail en France et dans le monde est une priorité.

Comme l’ont constaté des observateurs internationaux en 2020, le travail est l’un des milieux les moins avancés en terme d’égalité femme – homme. En France, l’égalité dans le domaine professionnel est imposée par la loi « tout employeur est tenu d’assurer pour un même travail ou pour un travail de valeur égale l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes ». Par ailleurs, chaque entreprise d’au moins 50 salariés doit publier un « Index de l’égalité Femmes – Hommes » chaque année. Vous retrouverez toutes les informations à ce sujet dans notre article : L’égalité professionnelle homme – femme, ce que dit la loi.

Alors en 2021, quelles grandes mesures mises en place par le législateur comme par les entreprises peuvent faire avancer l’égalité femme-homme au travail ?

Mettre en place une politique d’égalité salariale

Le premier pas vers la parité professionnelle se fait au niveau de la rémunération. En atteignant un même niveau de salaire que les hommes, les femmes ont moins de chances d’être touchées par la précarité et peuvent plus facilement disposer des ressources nécessaires pour entreprendre un projet de création d’entreprise par exemple.

Le nombre d’heures travaillées entre aussi en ligne de compte dans la rémunération. En France, 28,4 % des femmes travaillaient à temps partiel en 2019 contre 8,3 % des hommes. Ce temps partiel n’est pas toujours un choix pour les salariés. Les femmes sont d’ailleurs plus nombreuses à désirer faire davantage d’heures de travail.

Source : Vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, chiffres clés – éditions 2020 – Ministère chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances

De plus, la précarité découlant des différences de salaires se poursuit jusqu’à la retraite. En 2018, on observait 41 % d’écart de pension entre Françaises et Français.

Zéro tolérance pour le sexisme ordinaire

Depuis 2016, il existe une obligation de prévention des agissements sexistes dans le droit du travail. La culture d’entreprise, qui définit les valeurs régissant les échanges au sein de l’entreprise, peut être un outil efficace pour amorcer ce changement au sein d’une organisation et plus largement, dans la société. Pour ce faire, le service Ressources Humaines et la direction doivent informer pour prévenir ces comportements mais aussi appliquer des sanctions disciplinaires en cas de nécessité.

Source : Kit pour agir contre le sexisme – Conseil supérieur pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes 

La lutte contre le sexisme ordinaire au travail est difficile car ces comportements peuvent paraître anodins et sont souvent présentés comme de l’humour. C’est ce qu’explique le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (CSEP) dans son Guide pour agir contre le sexisme. https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/kit-sexisme.pdf 

Des agissements sexistes répétés, même ayant une apparence anodine, ont un impact sur le moral des individus, diminuant leur motivation, fragilisant leur sentiment de compétence et leur ambition. A terme, ces comportements perturbent le fonctionnement de l’entreprise.

Des propos et comportements sexistes peuvent aussi ne pas viser directement une personne mais créer un environnement de travail malsain, peu favorable au bien-être de chacun.

Prévenir les violences sexistes et sexuelles

Il est essentiel de créer un cadre de travail favorisant le bien-être de chacun, y compris des femmes, pour faire évoluer leur statut dans le milieu professionnel. Comme évoqué précédemment, le droit du travail impose désormais de lutter contre le sexisme ordinaire. Cela ne dispense évidemment pas les employeurs de continuer à lutter contre des actes sexistes répréhensibles au pénal. Il s’agit des injures sexites, des agressions sexuelles, du harcèlement sexuel et de la discrimination en raison du sexe.

Ces actes touchent en majorité les femmes, elles représentent 89 % des victimes d’injures sexistes. Ensuite, il faut savoir que selon un rapport de 2020 du Ministère chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes, 30 % des françaises déclarent avoir déjà été victimes de harcèlement ou agressions sexuelles sur leur lieu de travail. 9 % ont déjà eu un rapport sexuel forcé ou non-désiré dans leur milieu professionnel. Des chiffres alarmants, attestant de la nécessité d’agir pour prévenir les comportements néfastes et créer des environnements propices à la libération de la parole des victimes. Des chiffres qui font également écho à un phénomène qui touche l’ensemble de la société, comme en témoigne également le rapport.

Source : Vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, chiffres clés – éditions 2020 – Ministère chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances

Selon les recommandations du ministère du travail, la création de cette atmosphère doit passer par plusieurs mesures au sein de l’entreprise. D’abord la formation à cette problématique des différentes personnes susceptibles d’accompagner les salariés : inspecteurs du travail, conseillers prud’homaux, médecins du travail et délégués syndicaux. Ensuite il faut sensibiliser les encadrants et l’ensemble du personnel. Un accompagnement des victimes doit être prévu et des sanctions appliquées aux coupables.

Améliorer la représentation des femmes à tous les niveaux hiérarchiques

Pour faire évoluer le statut des femmes, il faut remédier à leur sous-représentation  dans les niveaux hiérarchiques élevés. En 2017, seulement 27,2 % des dirigeants d’entreprise étaient des femmes. Il faut également travailler à une égalité des salaires dans les postes d’encadrement. Les inégalités de rémunération sont plus importantes chez les cadres : en 2016, l’écart salarial entre femmes et hommes toutes catégories de métiers confondues y était de 19 %.

La maternité est un facteur discriminant qui freine l’évolution hiérarchique des femmes. Les raisons de ce type de discrimination sont multiples et certaines basées sur des idées pré-conçues. Cette discrimination peut subvenir “par anticipation”, c’est à dire qu’une promotion sera attribuée plutôt à un homme, qu’à une femme pouvant tomber enceinte, même si elle n’en a pas l’intention. Le fait d’avoir des enfants, même élevés au sein d’un couple, n’a pas les mêmes conséquences sur la vie professionnelle d’un homme ou d’une femme. Le congé maternité est plus long que le congé paternité, les femmes passent en moyenne davantage de temps à s’occuper des enfants et assument toujours davantage de tâches ménagères que les hommes au sein du foyer.

Ce sont donc de grands changements culturels et sociétaux qui pourront améliorer la représentation des femmes à des postes élevés.

Favoriser l’accès des femmes à tous les métiers

Dans son rapport 2021 sur les inégalités femmes – hommes, Oxfam France, l’association de lutte contre la pauvreté et les inégalités, rappelle qu’il existe une ségrégation professionnelle en France. Les femmes sont en effet majoritaires dans des métiers peu valorisés financièrement et socialement. Elles sont aussi surreprésentées à des postes pénibles : en 2016, elles étaient plus touchées par les troubles musculo-squelettiques liés au travail que les hommes. Il est aussi plus difficile pour les femmes de se former, surtout pour les mères. En effet, plus elles ont d’enfants, moins les femmes ont accès à la formation.

Pendant la crise sanitaire liée au COVID-19, ce sont en majorité des métiers féminisés qui se trouvaient aux avant-postes : les métiers d’aide aux personnes et métiers de la propreté, l’enseignement, l’alimentaire, les médecins et personnels non médicaux à l’hôpital et les personnes travaillant dans des Ehpad.

Source : Vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, chiffres clés – éditions 2020 – Ministère chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances

Les entreprises mais aussi le système éducatif peuvent influer sur la présence des femmes dans des métiers où elles sont peu représentées, notamment en agissant au moment de l’orientation professionnelle et de la formation continue.Vous avez envie de mettre votre entreprise sur la voie de l’égalité professionnelle ? Découvrez les 4 avantages qu’en tirera votre organisation en parcourant notre article à ce sujet : Pourquoi engager votre entreprise sur l’égalité professionnelle.

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Anaïs Carreras

Rédactrice Web SEO

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